Le "So" de l'Ange à Bercy, 15/10/2013
Après hésitations multiples, j'étais vraiment pas loin (du tout) de faire l'impasse sur cette tournée, je me décide enfin à aller voir Peter Gabriel à Bercy pour sa tournée "remake" de So.
Arrivée vers 15h00 au POPB, queue sous le ciel gris parisien, le temps de retrouver quelques vieilles connaissances et discuter avec des nouvelles, ça fait plaisir :-)
J'avais résolument et volontairement fait l'impasse sur les infos de la tournée, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre hormis le line-up - le même qu'en 1987, avec le très attendu, en vedette locale, Manu Katché à la batterie.
Entrée sous les coups de 18h00, direction la fosse, et je me retrouve au 3e rang à peu près au centre. Mouais. Pas la possibilité de m'appuyer sur la barrière, ce qui aura quelques conséquences fâcheuses plus tard.
Le temps passe assez vite, lorsque les lumières s'éteignent et Peter monte sur scène. Grosse... très grosse... Enorme ovation, qui le surprend un peu d'ailleurs, il salue par "merci" et "c'est gentil", avant de présenter la première partie.
Un duo de jolies suédoises, une au violoncelle et l'autre au xylophone électro (enfin, un truc qui y ressemble). C'est gentil, jolies voix, trois petites chansons et puis s'en vont.
Une courte entracte plus tard, je vois un gars, visiblement pas de la "team" Gabriel, se pointer sur scène. Oh, une autre première partie ! ah non, je réalise rapidement que ce type-là est Levon Minassian, Doudouk Master, qui nous envoie un "the feeling begins" de toute beauté. Gag à la fin du morceau, il attend Peter, qui arrive de l'autre côté pour le saluer.
Peter qui s'installe, toutes lumières allumées, sur son quart de queue (le piano, pas... l'autre chose !!), toutes lumières allumées. Euhh, faut peut être demander à éteindre les loupiottes non ?
Là il nous explique en français comme toujours, en quoi consiste le spectacle, qui sera comme un repas. L'entrée acoustique - aïe je tique - le plat principal, électro rock - OK, et si vous survivez à ça, le dessert avec la reprise de So en intégralité. Diantre. Tout So, vraiment ?? Il nous annonce un nouveau titre inachevé, accompagné par Tony Levin au cello, Oh but. Euh... non, j'aime pas... j'ai rien contre le format piano/cello, mais là, non, ça passe pas. Zut. puis les lumières toujours grandes allumées ça le fait moyen. Morceau suivant, l'ensemble des musiciens entrent sur scène présentés par Peter, qui finit par Manu Katché, dont il n'a même pas eu à prononcer le nom pour que le public lui fasse une ovation du tonnerre. Donc le morceau, Come talk to me. On avait l'habitude des envolées Katchéïennes, qui du coup, sous le format "acoustique" prend des tournures un peu jazzy, pas forcément déplaisantes, mais un schouïa mou du genou. OK, c'est bien gentil ça mais... Quoi, shock the monkey maintenant ? Misère, là je commence un peu à trouver ça.. euh, bref, vraiment bof, mais à croire que Peter a pris des cours de piano, ça va beaucoup mieux de ce côté là, et là ça passe, sans les sons électro habituels. Puis c'est family snapshot... la voix se fait déchirante, monte en émotion, puis sur le "cause I'm alive", la batterie démarre, les lumières s'éteignent, et la chanson passe en mode rock/électro, avec moultes lumières blanches qui dessinnent des arabesques dans tous les sens. Juste... ouahouhhhh.... le final est très émouvant, ça secoue, j'ai les larmes qui coulent, et qu dire de certains autres, je n'étais pas la seule.
Après ça se mélange un peu, le fond du catalogue est un peu écumé, on a même droit à un family and the fishing net... sans doute la chanson que j'aime le moins de tout le répertoire PG, mais du coup, sur scène ça prend une autre dimension, car Peter mime la chanson, les émotions apparaissent sur son visage, j'ai retrouvé LE Peter. Ouahouh. Les grues bien sûr font leur apparition sur No Self Control, Peter se bagarre avec, en étant tout devant c'est juste magique !
Puis secret world, digging in the dirt, solsburry hill, une trilogie qui fait bouger la fosse comme jamais, le public chante tout ce qu'il peut, bon solsburry hill me sort un peu par les trous de nez perso, puis on a droit à un autre nouveau titre, une bande originale de film... Et là une fois de plus ça ne passe pas.. j'aime pas. Misère.
Enfin, on passe au dessert. Red rain fait chanter le public, puis sledgehammer, inoubliable, puis don't give up, avec la voix de la brune suédoise qui n'est pas sans rappeler Vanessa Paradis jeune, quant au timbre. Moui. c'est bien mais... c'est bien. à la fin du morceau je commence à me sentir pas très bien, des nausées montent, la tête qui tourne, les jambes qui flageolent. Je m'accroupis quelques minutes, mais ça ne passe pas alors que that voice again résonne au dessus de moi. Merde. avant de vomir sur le beau tshirt de mon voisin de devant, je demande à un gars de la sécurité de sortir, il m'aide à passer sur le côté, je passe par dessus la barrière plus ou moins difficilement, direction l'infirmerie. On me fait avaler de l'eau sucrée, repos une vingtaine de minutes, puis on me fait repartir vers la fosse, mais de l'autre côté...tout au fond ! J'ai loupé Mercy Street (ouiiinnnn) et big time (ça je ne m'en plains pas)... j'écoute we do what we're told, avec des arrangements aux claviers juste magnifiques. Pfouia. This is the picture nous renvoie en 1987, ils commençaient les concerts par ce titre, même chorégraphie ! In your eyes, en l'absence de Youssou'n Dour, voit arriver une vieille connaissance, Daby Touré, dont je me demandais ce qu'il devenait le matin même ! jolie, très jolie performance du sénégalo-mauritanien, j'aimerais savoir où il en est... rappel... bon, moi je suis au fond, attristée et perdue, mais ça m'empêche pas de "rappeler" ! retour sur scène, et vlan, un tower that ate people d'anthologie. Katché aux drums, ça le fait, d'ailleurs, tout le long il a gardé une patate, un sourire qui font plaisir à voir, même si c'est vrai qu'il a vieilli ! Une sorte de tour, venue du plafond, s'abat sur Peter pour le "digérer" avec des effets de lumières juste énormes. Puis vient un long blablah sur les nouvelles technologies, et leur utilisation pour les droits de l'homme. On n'entrave que pouik à ce qu'il nous raconte lol, mais bon, c'est "Biko" qui clot le concert avec force, repris en choeur par Bercy comme il se doit.
Voilà, c'est terminé. Après avoir pris un pot avec quelques amis (coucou Franck, Greg, Marie Laure et les autres !), je reprends la route du RER... pour arriver chez moi épuisée, ascenseur en panne. Et 9 étages à monter à pieds en plus !
En conclusion, que dire... je ne regrette pas, vraiment pas d'avoir assisté à ce concert. Très fort émotionnellement parlant, la voix de Peter reste magique. L'ambiance était superbe, et même si certains titres m'ont laissée sur ma faim, c'était un très grand moment.
Peter, sur facebook et twitter, a d'ailleurs dit : "thank you Paris for making feel us So great, see you next year ?". Un nouvel album est murmuré pour l'an prochain. En tous cas, merci à lui, à ses musiciens certes vieillissants mais avec un enthousiasme de gamins, ainsi que toute l'équipe technique comme il le demande à chaque concert :-)
PS pas de photo.