New Blood - L'album

Publié le par Pascale

Il m'a fallu un peu de temps pour digérer cet album, et donc pour écrire sa chronique.

Alors oui les détenteurs disent : ce n'est pas un vrai nouvel album, quand est ce qu'il sort quelque chose de vraiment neuf... bah oui, mais on commence à le connaître, y'a pas à dire... le type, il fait ce qu'il veut, quand il veut, et on en arrive à des résultats tels que scratch my back ou..ça.

 

L'album en lui-même est élégant, c'est le mot. La couverture est bizarre, mais bon.

 

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On passe à la musique...

L'album s'ouvre sur "the Rhythm of the Heat", le fer de lance de la tournée new blood. ça annonce la couleur, haut et fort. ça déménage. ça envoie du bois (et des cordes, des cuivres, des percussions, tout ce qu'on veut). Metcalfe et Gabriel ont défait et reconstruit le morceau, et la voix survole tout ça, avec ce timbre inégalable. Pas de doute, ça veut dire : me voici, et voilà où je veux vous emmener. Le final, déferlement infernal de triplets aux violons, de percussions, et de cuivres, fait mouche à tous les coups. On dirait du Stravinsky, mais c'est du Gabriel, aucun doute là dessus !

 

On se calme avec Downside up. Si Mélanie Gabriel chante... pas trop mal, la version se termine toute en douceur, là où l'original se terminait en apothéose... Peter termine cette version courte sur un "Pull me in" sur un ton un peu... triste. Etonnant et là aussi, Gabriel montre où il veut nous emmener, ce qu'il veut nous dire avec cet album. Je vous emmène là où j'ai envie, ne vous attendez pas à un orchestre posé sur des chansons, c'est des réécritures.

 

On continue avec l'album IV et San Jacinto. Là aussi un des grands moments des concerts, qui ouvrait la seconde partie des concerts. L'intro au xylophone, cristallin, la voix, encore elle, toujours aussi puissante malgré l'âge, la finesse des arrangements (je le dis : montons un temple en l'honneur de John Metcalfe ! ce type est un Dieu !!), c'est magnifique. On ferme les yeux, et on se laisse embarquer dans cette histoire. Chapeau bas.

 

Voilà un morceau où il vaut mieux ne pas fermer les yeux ! Intruder est pour moi une des plus belles réussites de cet album... Les arrangements foutent clairement les jetons, le mixage est fait de tele façon qu'on a l'impression que Gabriel se planque sous le lit, prêt à ... euh, bref, je m'égare, si on connaît un peu le contexte d'écriture de la chanson, on comprend. L'orchestration suit l'histoire, la voix, c'est génial !

 

On redescend un peu avec Wallflower. Un des plus beaux titres écrits par le Gab, chanson écrite en hommage aux victimes de dictatures. La voix , utilisée dans toute sa palette et supportée par l'orchestration toute en finesse et en émotion. C'est étonnant, bouleversant, c'est beau tout simplement.

 

En sixième position on retrouve in your eyes. Un titre tellement entendu et réentendu, l'orchestration est assez proche de l'original, donc sans réelle surprise. Et il manque Youssou... et l'Afrique ! le "seul" point faible à mon sens, avec le dernier titre. Même si on peut souligner les "effets" d'orchestration, ces silences qui interviennent, là où on ne les attend pas, habitués que nous sommes au wall of sound gabriellien.

 

Mercy Street est aussi un très beau titre de Gabriel en hommage à la poétesse Anne Sexton. L'orchestration, ici aérienne, est emplie d'émotion, en soutien toujours à la voix de PG. C'est poignant, et il me manque juste la voix en contre-point, plus grave, chantée sur scène (parfois) par le pianiste Tom Cawley. Mais c'est un reproche minimum, par rapport au monument qu'est ce titre, que ce soit la mélodie, les textes, ou la voix.

 

Red rain, titre ouvrant l'album à succès "So" s'ouvre sur une déferlante de violons, là encore les ararngements sont magnifiques, dans la lignée de the rhythm of the Heat. C'est du boulot d'orfèvre, chanté par Gabriel de faon magistrale. La jalousie, la peur de perdre l'autre, perle dans chaque note chantée. C'est du beau, c'est du grand.

 

On repart dans le lourd avec Darkness... gros morceau du dernier "vrai" album de Gabriel, l'intro lourde aux violons rappelle les riffs de guitare de "up", jusqu'à ce qu'on entende la toute petite voix de Peter qui chante.. comme s'il avait dix ans. On ne peut s'empêcher de penser à la confession qu'il avait faite lors d'un show télé, de ce qui lui était arrivé à l'adolescence, tant dans les textes que dans cette ambiance lourde et glaciale. Le changement de tonalité sur les refrains est vraiment terrifiante, même si c'est clairement "bidouillé" électroniquement. Et ces silences, pour souligner la peur.. pfou... on a envie que ce morceau se finisse parce que oui, c'est angoissant.

 

Don't give up, un hit repris en duo par Ane Brun, la chanteuse norvégienne, est assez proche de l'original, soulignée par la contrebasse qui fait vraiment penser à Tony Levin ! L'orchestre s'envole sur le pont, et Ane Brun pose se voix sans problème sur la partition chantée par Kate Bush. Les détracteurs auront beau dire que rien ne peut remplacer la Kate, je trouve que cette jeune chanteuse folk fait un boulot admirable. Certes elle use et abuse du vibrato, mais à ce niveau-là...

 

Digging in the dirt est aussi un titre "hit". L'orchestration est assez légère, j'avoue que j'aurais vu l'orchestre aller plus loin, là c'est presque dansant, ce qui ne va pas... tout à fait.. avec le thème de la chanson.

 

The nest that sailed the sky est un instrumental tiré de l'album OvO, qui clôturait les concerts de la tournée, tout en légèreté, pour faire descendre la pression et nous souhaiter bonne nuit. C'est aérien, beau, cristallin.

 

A quiet moment est ... absolument sans intérêt. Un titre enregistré hors des studios, bruits de la nature. Je ne vois toujours pas le pourquoi de la chose, surtout que ça dépasse les 4 minutes.

 

Solsburry Hill est LE tube de l'album. Et personnellement je ne l'aurais pas mis. Sur scène ça passe, parce qu'avec le public c'est toujours chouette, mais là, ça sonne creux, c'est trop lent, et il manque les références à Beethoven... dommage ! Pete Gab le chante comme s'il s'ennuyait. Non, ce n'était pas la peine.

 

Donc en résumé (ouf !), c'est un très bel album, qui fait patienter les fans avant la suite... on espère la suite ! Un signe de Gabriel qu'il est toujours présent, et toujours aussi créatif. Bravo.

Je pense (et c'est confirmé par l'artiste), que cette double aventure aura un impact sur ce que fera Gabriel à l'avenir, dans son écriture, sa façon de travailler.

 

Ma note ? Allez, un 9/10, pas la note parfaite, à cause de Solsburry Hill :-p

 

 

 

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J
<br /> <br /> Merci pour cette chronique Pascale !!! Tu décris fort bien ce disque que j'ai eu l'occasion d'écouter lors de sa sortie ! Peter Gabriel nous emmène , en effet ou il le souhaite et donne un sang<br /> neuf à ses grands classiques : du grand art !! Ce disque reçoit déjà un bel accueil (promo efficace ) et je suis persuadé de son succès . Belle semaine à toi !<br /> <br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br />  Merci pour ton commentaire Jerry ! je ne saurais trop te recommander d'aller voir le film qui passe mercredi<br /> dans les bonnes salles ;)<br /> <br /> <br /> Bonne continuation à toi<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />