New Blood - le film {spoiler}
Aujourd'hui de passage à Londres j'ai pu assister à la projection du concert de Gabriel en 3D.
Qu'en dire.
J'avoue que j'en n'attendais pas tant que ça. Tout simplement parce que je ne voyais pas ce que le 3D pouvait bien apporter à un concert. Pour moi, un concert c'est avant tout la musique, d'autant plus que sur cette tournée, le visuel est nettement moins "important " (bien que présent) que sur les tournées précédentes.
Mais bon, j'y étais, à ces concerts filmés, donc... j'ai voulu voir le résultat.
Et comme d'habitude, avec Gabriel, je me suis foutue dedans, mais de belle façon.
Je passerais volontiers sur les galères improbables qui ont jalonné notre arrivée à Londres. Problèmes de transport, à Paris, puis à Londres, anniversaire du 11 septembre oblige.
Nous avions jeté notre dévolu sur un cinéma situé à la station de métro Angel (quoi choisir d'autre !?), sauf qu'en l'occurence la ligne de métro qui la dessert est fermée pour travaux ce week end. Donc on a dû faire le trajet en bus dans un Londres bien embouteillé.
Enfin arrivés sur place, on entre, et là... bouh, la salle est vraiment petite ! pas grave, se dit-on. Le public arrive, environ une cinquantaine de personnes, la salle est remplie aux 2/3 je dirais.
Même pas de bande-annonces, chic, on rentre direct dans le vif du sujet, avec intruder. Une partie filmée dans les coulisses, puis on arrive DANS l'orchestre. Oui, c'est filmé de telle façon qu'on a réellement l'impression d'être sur scène avec les musiciens. Et c'est ce qui sera marquant tout au long de ce film. On joue du violon, on souffle dans les hautbois et la flûte, on tape sur la grosse caisse, on dirige l'orchestre. On n'assiste pas à un concert, on est dans le concert.
Peter Gabriel est bien sûr présent, omniprésent, on est face à lui, à son niveau, les yeux dans les yeux. Les passages sur le public sont brefs, ce n'est pas le plus important. Le plus important, c'est la musique, l'orchestre, la voix, l'émotion qui se dégage de l'ensemble.
La première partie du concert a été considérablement écornée. Exit wallflower, le lourdingue power of the heart. Ne subsistent de scratch my back que Après moi et the book of love, avec les mots qui volètent vers nous.
Le premier moment fort est Biko. Rien à faire, me voilà pleurant comme une madeleine, six mois après avoir fait de même en direct live. Cette version, fortement empruntée, dans l'idée, au boléro de Ravel, est sans doute une des plus belles réussites de ce projet.
La deuxième partie est restituée presque dans sa totalité, si je me souviens bien. Le montage de Blue Leach est impressionnant, s'attardant sur les musiciens, restituant l'intensité des interprétations. Le rendu sonore est excellent, notamment ce fichu signal to noise qui catapulte l'audience tout là haut. Sur ce même morceau, on peut juste regretter des effets inutiles sur les choristes Ane Brun et Melanie Gabriel, qui n'apportent pas grand chose. Mais le final est quasiment fixé sur Ben Foster et sa direction magistrale de l'orchestre, ce qui provoque de gros gros gros frissons, en tous cas chez moi. J'ai aussi beaucoup apprécié qu'on nous ait montré la participation de John Metcalfe, l'arrangeur fou du projet, qui était présent, et bien présent, dans le New Blood Orchestra.
Un autre moment d'anthologie est la restitution de the Rhythm of the Heat, qui a cependant été peut être "améliorée" en studio. Ou les mixeurs ont fait fort, car dans mon souvenir ce n'était pas aussi "bon" lors des concerts.
Les autres morceaux sont très bons, je pense à Darkness ou Red Rain par exemple. Sans oublier la partie finale, et un Solsburry Hill complètement déchaîné (même si je n'ai pas forcément compris le découpage en 3 à un moment, qui correspond peut être au moment de l'incident du fan qui a voulu tirer Gabriel de la scène) ; in your eyes, avec la jolie Sevarah en guest star, puis un très émouvant don't give up. Cela doit être la version du premier soir, je pense car cela m'a moins touchée qu'en mars.
Le générique de fin est... spécial (spoiler !!)... avec un titre extrêmement inattendu (et du coup, très rock), the tower that ate people dans sa version red planet. Nous avons droit aux images des répétitions, des techniciens qui pètent les plombs, et se déroule la longue liste des instrumentistes et des participants au film (sauf les spectateurs).
Alors, impression générale ? c'est du boulot énorme. L'idée de placer le spectateur dans le concert, sur scène, est remarquable, et le rendu sonore est au-delà de ce que je pouvais en attendre. J'ai eu plus l'impression que Gabriel a laissé passer quelques failles (au niveau vocal), c'est moins "parfait" que le dvd de sa tournée growing up en tous cas. S'il y a des overdubs, ils sont moins évidents à mon oreille du moins.
Mon seul regret restera l'absence de my body is a cage, qu'il n'avait pas joué de toutes façons à l'Hammersmith. J'aurais aimé garder une trace "live" de ce titre. Et un autre regret, l'absence de wallflower, même si cela faisait un peu "doublon" avec Biko.
Un très beau moment en tous cas. Je pense que pour tout "fan" qui a apprécié la tournée new blood, voir le fim au cinéma vaut vraiment le coup. Les autres peuvent attendre le DVD.