Peter Gabriel - Hammersmith Apollo, Londres - 23-24/03/2011

Publié le par Pascale

pano apres moi

Je réécris mon article en fusionnant les deux concerts.

C'était donc les deux premiers concerts de l'année, à l'Hammersmith Apollo, salle mythique s'il en est (Chuck Berry y a joué en 1959, pour vous donner une idée).

Gabriel y est pour filmer un dvd. En trois dimensions. Personnellement, je me demande bien pourquoi il va faire ça... même si c'est diffusé au cinéma, il n'y aura pas grand monde. Peu importe, après tout, c'est lui qui voit !

Le premier soir je suis au fond de la fosse pendant la première partie, au 4e rang sur la deuxième plein centre (merci Dominique de m'avoir fait avancer). Le deuxième soir (photo), je suis au balcon sur la première partie, avant d'arriver à me glisser au 5e rang en bas sur la deuxième partie.

Attaquons la musique. On s'attendait à ce que le schéma du concert soit identique par rapport à l'an dernier, première partie scratch my back en entier, seconde partie ses compos. Eh bien non, il attaque Intruder en premier. Je n'avais pas trop aimé l'an dernier lorsque je l'avais entendue la première fois, j'ai trouvé ici que l'orchestration avait gagné en intensité. Intensité, ce sera le maître mot de ces deux soirées, de toutes façons ! 

Il enchaîne sur un sublime wallflower, beaucoup d'intensité émotionnelle, malgré un pain le premier soir sur les textes. Le premier soir, on le sent trèèèès tendu, sur la première partie du moins, ce qui sera très différent (presque trop !) le deuxième soir !

Il précise ensuite qu'il jouera trois-quatre chansons de scratch my back. OK, tant qu'il y a mes préférées.. pourquoi pas ? On a boy in the bubble présentée comme une "up" song, vite transformée par un "miserable white guy" en truc tristounet. Puis un sublime après moi qui pète bien comme il faut.

Puis un grand, très grand Darkness. J'arrive enfin, à comprendre l'orchestration, ce qu'il a voulu dire avec. Une chanson de Up, l'oubliée "The Drop" aérien et léger. Washing of the water est très bien interprétée par Peter, malheureusement Mélanie fait du Mélanie et ça fait mal. Heureusement le deuxième soir ça ira mieux !

Il enchaînera ensuite un troisième titre de scratch my back, book of love, que j'apprécie bien plus depuis sa mise en scène toute mignonne et pleine d'humour, je compte les chansons, et pan ! il rajoute "power of the heart". Bon sang, cette chanson est gnan gnan au possible... les tirades lou-reediennes sont pas mal, certes, mais bon... c'est gentil quoi. Et je comprends alors qu'il ne jouera pas my body's a cage. Et là j'ai lâché (les deux soirs !) un "OH NONNNN !" 

La déception est vite effacée par l'annonce d'une chanson sur l'apartheid. Le premier soir je ne le crois pas. Il va pas nous faire Biko version orchestre ? Ben si. Et là, John Metcalfe, et Peter, ont fait un truc d'anthologie... Transformer cet hymne en nouveau boléro de Ravel, avec une montée d'une intensité magistrale. Je ne sais pas si certains spectateurs ont fini ce morceau avec les yeux secs...

Première interruption.

Les deux soirs je parviens à me rapprocher de la scène :-) plein centre.

C'est reparti sur la deuxième partie, plus classique par rapport à la tournée précédente. San Jacinto, toujours aussi "cristallin", enchaîné sur digging in the dirt, assez Reich-ien, et un public qui va bien avec. Ah oui, le public anglais... je sais que j'ai râlé après il y a un an, mais là, en tous cas, ils m'ont réconciliée :-)

Vient une tirade sur ce qui se passe au moyen-orient, l'apport des téléphones mobiles et des nouvelles technologies et c'est Signal to Noise. Il n'y a pas à dire, c'est toujours immense, le final à l'orchestre est juste... énorme... et je garde cette image de Ben Foster, sur la fin, dont l'oeil est capturé par la caméra... un regard d'une intensité incroyable. Ce jeune chef d'orchestre est immense, et selon les dires de personnes plus calées que moi en matière de direction d'orchestre, est un très très bon. Deuxième fois que les larmes coulent.

Downside up, pousse le public vers le haut. Le deuxième soir, Peter lache la pression, comme il sent le public bien chaud comme il faut, il le fait participer, on le sent bien plus à l'aise.

Mercy street reste un beau moment, même si je regrette l'absence de la deuxième voix en double du pianiste Tom Cawley. Mais c'est beau tout de même, la jeune flûtiste est magique !

Vient le morceau de bravoure, the rythm of the heat... c'est toujours fabuleux dans la construction, mais un petit truc m'a gênée les deux soirs, comme si la montée sur les quatre coups de boutoir de la grosse caisse était loupée... avis confirmé par Gildas, il y avait un truc qui ne collait pas très bien. Le deuxième soir, ils le répéteront d'ailleurs à plusieurs reprises, mais du coup, c'est Peter qui va oublier de chanter... le fou-rire quand Ben Foster s'est tourné vers lui d'un air : "ben qu'est ce que tu fous" ! On sent une grande complicité entre ces deux là. Peter s'excusera et recommencera, justifiant "a little voice in my head said : it's time for you to sing" !

Blood of Eden sera "classique", sans plus ... je n'ai jamais trop aimé cette chanson en fait  désolée !

Red Rain est fabuleuse, je trouve, l'orchestration est magistrale, l'orchestre d'ailleurs à lui tout seul est magistral... je pense, en voyant cette pluie rouge, ces poissons morts défiler sur les écrans, à ce que vit le Japon en ce moment... Etonnamment, il n'y fera pas allusion. Ben Foster s'amuse à diriger un coup Peter, l'autre Tom Cawley.

Puis c'est Solsburry Hill. Là tout le monde se met debout, je me colle au premier rang le premier soir, Peter est tout proche, trop proche, car à un moment un crétin lui tend la main, il la serre, et cet abruti tire pour monter sur scène. PG arrive à lâcher, mais à mon avis il s'est fait peur ! le lien avec l'hymne à la joie fonctionne toujours aussi bien. Autant le premier soir, c'était une version "sage", mais le deuxième, c'est de la folie pure, Foster saute, joue avec la caméra "mouvante", Peter avec lui, ils s'amusent comme des gamins, ça fait plaisir, même si du coup, musicalement ça en prend peut être un coup :-))

Rappel. In your eyes, dirigé par John Metcalfe le magicien, sera un très beau moment avec l'invitée surprise Sevarah Nazarkhan qui fit sa première partie en 2003. Elle n'a pas fait grand chose le premier soir, le deuxième ça sera beaucoup mieux.

Puis don't give up, beaucoup espèrent la venue de Kate Bush, mais non. Le deuxième soir sera la plus belle version, les larmes brillent dans les yeux d'Ane Brun, et dans ceux de beaucoup de spectateurs.

Puis c'est l'instrumental pour clore le tout, "the nest that sailed the sky", pour faire redescendre la pression.

Nuits magiques, nuits d'émotion... merci... ça fait tellement de bien !

PS : parmi les invités des concerts, parait il Steve Hackett, et j'ai cru reconnaître d'assez loin Thom Yorke.

 

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Publié dans Concerts

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